Il était une fois l’aérotrain.

documentaire

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Félix Caumont    05/09/2025          FR

Image principale de Il était une fois l'aérotrain.
Aérotrain I80 sur la campagne orléanaise, spectateurs en 2 chevaux dans les champs.
Photo couleur.

         

« Heureux couple !
          Si mes poèmes ont quelconque pouvoir,
          Aucun jour ne vous effacera de la mémoire du temps. »

Virgile – L’Énéide, chant IX

         

          1962 : dans un modeste hangar aux abords de Paris, un certain Jean Bertin se trouve soudain pris d’une idée nouvelle. Ingénieur né dans un petit village de Bourgogne, il sort de 6 dures années de guerre et vient juste de fonder sa propre société privée. Et pourquoi pas fusionner la roue et l’aile, qui depuis des millénaires pour l’un, et seulement des décennies pour l’autre, servent l’humanité dans le précieux usage de sa communication ? Le scientifique conçoit alors un engin unique : un avion sans ailes, un train sans roues, une machine fantastique coulissant sur le poids de l’air et guidée par un monorail. Il nomme sa création d’un nom bien typique de ces charmantes Trente Glorieuses : « Aérotrain ».

          Sans le savoir, c’est une véritable boîte de Pandore que l’inventeur crochète. En partie financés par l’État, ses aérotrains commenceront d’abord avec une première voie au sol en banlieue de la capitale, puis avec un immense viaduc d’essai en béton au nord de la campagne d’Orléans. Au total, 5 véhicules prototypes seront créés, dont le fameux I80 : véritable wagon-fusée qui ira jusqu’à battre le record du monde de vitesse sur rail, faire voyager près de 16 000 passagers, et attirer la jalousie des pays du monde entier. Mais en 1977, après les premiers chocs pétroliers, tout s’arrête. L’aérotrain semble être victime de la seule chose que personne ne pourra jamais dépasser : le temps. L’idée révolutionnaire qui promettait de relier Orléans à la Ville Lumière en seulement 20 minutes à 400 km/h en moyenne, est entièrement abandonnée, tout comme ses restes remis à Dame Nature.

          Ce que néanmoins aucun n’a su prédire, c’est qu’à vouloir la mort de l’aérotrain, l’engin vivra au contraire une seconde naissance. Films, musiques, associations, forums, bandes dessinées, performances, romans… la désormais mémoire de ce simple échec industriel va s’avérer en réalité bien plus vivante que son propre voyage. La voie d’Orléans de 18 km de long deviendra un vecteur de vie traversant les âges et les arts, et la machine volante un grimoire inachevé échappant au contrôle de ses créateurs pour leur plus grand bien, malgré de nombreuses tentatives de l’effacer, et même de la brûler.

          Il était une fois l’aérotrain est le documentaire le plus long et le plus complet jamais fait sur l’histoire de l’aérotrain. Divisé en 3 chapitres agrémentés d’informations inédites, ce podcast radio est complémenté par de rares archives d’époques, et par les témoignages exclusifs des tout derniers membres de l’aventure : Daniel Ermisse, dernier pilote d’aérotrain au monde encore en vie ; Philippe Bertin, fils aîné de l’inventeur Jean Bertin ; et Philippe Vasset, écrivain et philosophe. Laissez-vous conter le bienveillant piège de cette impossible damnation mémorielle, car comme pour tous nos prédécesseurs, c’est la surprise que nous laisse d’abord la découverte de cette épopée. Une vieille entreprise à première vue impassible qui symbolise à elle seule une peur qui nous est pourtant universelle, alors que son pauvre béton en ruine nous implore tout un mode de vie presque trop simple pour être vrai. C’est une vision beaucoup plus personnelle que vous déclare cette chronique de la mythique machine et de ses vestiges éternels. Un voyage dans le temps qui lève le voile sur une fable irréelle dont la morale déguisée en amoralité était pourtant sous nos yeux hâtifs depuis le début.

          Il était une fois l’aérotrain : vous aurez toute l’histoire, et même après…

         

Écoutez Il était une fois l’aérotrain gratuitement dans son intégralité :

Sinon, en version épisodée :

À venir…

        

Groupe d'ingénieurs les yeux vers le ciel avec le prototype 01 derrière.
Photo noire et blanche.
Les créateurs de l’aérotrain probablement en train de regarder leur inspiration volante – à Gometz-la-Ville, Jean Bertin est au centre, prototype 01 en arrière-plan.
Photo dans un carnet de photos du 01 vue depuis l'arrière alors qu'il passe laissant une fumée derrière lui.
Photo noire et blanche (mais carnet en couleur).
Le prototype 01 laisse une traînée de fumée révélatrice – voie d’essai au sol de Gometz en région parisienne.
Dessin violet sur une carte postale, cavaliers au sol.
Photo couleur.
Croquis du futur aérotrain I80 sur la plaine de la Beauce.
Arrière et hélice du I80 pendant sa construction au Bourget.
Photo noire et blanche.
Dans les coulisses de l’histoire – construction de l’aérotrain I80

Maquette du I80 dans un salon, en arrière-plan : une dame floue contemple bras croisés la maquette.
Photo couleur.
Demain – maquette du I80
Piliers de la voie d'Orléans installés sans leurs poutres.
Photo couleur.
Life of a Giant – construction de la voie d’Orléans
Un pilier étant assemblé.
Photo noire et blanche.
La naissance – vers 1969
Vue de la voie d'Orléans depuis le tracé en béton, tracé inachevé.
Photo couleur.
Les kilomètres avancent…

Vue aérienne de la construction de la voie d'Orléans. Usine où le béton était produit.
Photo couleur.
The Oldest View
Aérotrain I80 transporté sur un camion, traversant un petit village du Loiret. Voitures d'époque, église, vélos, escortes de policiers.
Photo couleur.
« Douce France » – transport du I80 au nord d’Orléans
Aérotrain I80 sur plateforme de Chevilly, photo prise au sol avec voitures et hommes en costumes.
Photo couleur.
Comme prise en secret à la plateforme de Chevilly.
Film pellicule du I80.
Photo couleur.
« La beauté est dans les yeux de celui qui regarde. »
Journal anglophone de l'époque annonçant la nouvelle de l'invention.
Photo couleur.
Le meilleur moyen de voler jusqu’à New York.

2 passagers sortant (ou entrant) du I80 à la plateforme de Chevilly.
Photo couleur.
Alors comment était l’attraction ? – plateforme de Chevilly, Jean Bertin est à droite de la porte
Compteur de vitesse à l'intérieur du I80.
Photo noire et blanche.
…en moyenne – intérieur du I80
Plateforme de Chevilly, aérotrain I80 et hangar en arrière-plan. Grosse tache en haut de la photo.
Photo noire et blanche.
L’histoire est pleine de taches – plateforme de Chevilly.
Texte du récit, et photo d'un enfant avec un pilote dans le cockpit du I80.
Photo couleur.
« En l’an 2000, la Terre changera de couleur » disait un enfant en 1969 – dans cet extrait de littérature jeunesse, certains personnages et lieux ont été modifiés pour les besoins de la fiction.

Homme en costume, seul prenant une photo sur la plateforme de Chevilly, aérotrain I80 rentrant dans son hangar en arrière-plan. Années 60/70.
Photo noire et blanche.
Voyageur
Tracé de béton difficilement distinguable de la nature envahissante.
Photo couleur.
Over the Garden Wall – voie d’essai au sol de Gometz-Limours, la nature reprend ses droits les plus légitimes.
Voie d'Orléans abandonnée, avec peinture blanche de figures humaines sur chaque pilier.
Photo couleur.
La voie d’Orléans, abandonnée, possède une âme qui nous a peut-être échappée – projet artistique.
Gros plan sur un minuscule fragment de la peinture blanche d'origine de la voie d'Orléans.
Photo couleur.
Sous les nombreuses couches de tags et d’entretiens, la peinture blanche d’origine peut toujours être vue, rongée par l’effritement inarrêtable – voie d’Orléans.
Capture d'écran VHS, sorte de garage en béton abandonné. Faibles lumières au plafond.
Photo couleur.
À gauche, l’une des versions électriques de l’aérotrain, laissée à l’abandon dans ce lieu perdu de la mémoire.

Prototype 02 abandonné, vitres brisées, métal poussiéreux.
Photo couleur.
Bonjour, vieil ami – prototype 02
I80 abandonné, vitres brisées, métal poussiéreux.
Photo couleur.
Requiem – I80 à l’abandon dans son hangar de Chevilly.
Passagers dans l'I80 en circulation. Cabine presque remplie.
Photo couleur.
People Still Live Here – intérieur du I80
Sièges abîmés et détachés à l'intérieur du I80 abandonné.
Photo couleur.
Les fantômes nous regarderont toujours – intérieur du I80 à l’abandon.

         

         

Un homme et son fils regardant les décombres fondus.
Photo couleur.

         

         

Street art Space Invaders sur la voie abandonnée d'Orléans.
Photo couleur.
Les envahisseurs – voie d’Orléans
Inscription du numéro 1 du premier pilier quasiment entièrement recouvert par la végétation.
Photo couleur.
Qui a le droit de détruire les rêves ? – tout premier pilier de la voie d’Orléans, à Saran.

Boîtes de VHS dans une armoire, avec étiquettes sur aérotrains, naviplanes etc.
Photo couleur.
Environ 2/3 des archives de l’humanité sont dites froides, c’est-à-dire jamais consultées.
Vue plongeante de la rangée de piliers en béton en dessous de la plateforme abandonnée.
Photo couleur.
Plongeon – dessous de la plateforme abandonnée de Chevilly.

Pelleteuse de chantier sur gravats de béton. Un seul pilier est encore debout. Coucher de soleil et ciel sombre.
Photo couleur.
Le temps destructeur enterre les souvenirs solitaires sous le ciel de l’éternité – chantier de l’A19, 2007.
Daniel Ermisse de dos, flou, dans le cockpit du I80 en circulation.
Photo couleur.
Daniel Ermisse n’a que très peu de photos de lui à cette époque – ici aux commandes du I80.
Cockpit très abîmé du I80 à l'abandon, siège déchiré, tableau de commande détruit, fenêtres rayées et poussiéreuses.
Photo couleur.
Oublier, verbe transitif et pronominal : perdre le souvenir de quelque chose, ne pas en avoir conservé la mémoire (dictionnaire de l’Académie française) – cockpit pillé du I80.
Fresque antique, la fresque est abimée et la figure d'Icare (ou de Dédale ?) est manquante. Char d'Apollon dans le ciel, navigateurs sur la mer.
Photo couleur.
La chute d’Icare, fresque antique, Pompéi, 40-79 après J.C.

         

Jean Bertin souriant en photo portrait, années 70.
Photo couleur.
Jean

         

Pochoir tag de Jean Bertin sur un pilier en béton, plus ou moins recouvert par la végétation.
Photo couleur.

« Les Hommes font l’histoire, mais ils ne savent pas l’histoire qu’ils font. » Raymond Aron – hommage anynoyme sous la plateforme de Chevilly, 2025.

         

Remerciements / Crédits :

Association des amis de Jean Bertin, Danièle Jannot, Daniel Ermisse, Philippe Bertin, Philippe Vasset, J.S.N. (Le Petit Astronome), Marie-Noëlle Polino (SNCF), University of Cambridge (Archaeological Unit), Brian Pearce, Corrine Bian Rosa (France TV), Outis Niekesa, Jürgen Körner, Pierre-Jean Asmus, Pier Paolo Ciurlia, Kane Parsons, Jinsung Lee, Exsonvaldes (Simon Beaudoux, Antoine Bernard, Martin Chourrout), The Walt Disney Company, Pascal Mencarelli, Bertin Technologies, INA, British Pathé.

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